Les intolérances

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Qu’est-ce que c’est ?

Les intolérances sont une manière que le corps a de montrer qu’il supporte mal une
substance, en général ingérée. Certaines s’appellent pseudo-allergies car elles
provoquent des symptômes similaires à une allergie, sans en être une (car elles
n’impliquent pas une réaction du système immunitaire dirigée contre un allergène
spécifique).

Plusieurs mécanismes peuvent être cause d’intolérance :  

  • Un apport excessif en amines biogènes (histamine et tyramine, principalement)*
  • Une activation non spécifique des mastocytes, par des substances dites histaminolibératrices*
  • Un déficit en une enzyme, la déamine oxydase (DAO), ciseaux qui servent à
    découper l’histamine. Cette anomalie est souvent appelée intolérance à l’histamine
  • Une modification du métabolisme par un médicament, comme les antiinflammatoires non stéroïdiens (AINS, ex : aspirine, ibuprofène, diclofénac)

Dans ces 4 cas de figure se produit une pseudo-allergie, dont les symptômes sont
variables d’une personne à l’autre, avec par exemple des poussées d’urticaire, des
nausées, des douleurs abdominales, mais aussi des maux de tête.

* Voici une liste (non exhaustive) de substances qui typiquement peuvent occasionner une
pseudo-allergie :

Substances riches en amines biogènes ou histaminolibératrices :  

  • Aliments :
    Blanc d’œuf ; Boissons alcoolisées fermentées ou distillées : bière, liqueur de noisette,
    vin (surtout rouge ou mousseux), vin de noix ; Charcuterie de viande crue : foie de
    porc, jambon, lard, salami, saucisson, toute charcuterie emballée ; Chocolat et cacao ;
    Fromages fermentés : camembert, emmenthal, fondue, gouda, parmesan, roquefort ;
    Fruits : agrumes, ananas, bananes, cacahuète, fraises, noisette, noix ; Graines :
    sésame ; Légumes : aubergine, choucroute, choux, épinards, tomates ; Poissons et
    fruits de mer
    : crustacés, sardine, saumon, thon, tout ce qui est en
    conserve/séché/fumé

  • Additifs alimentaires :
    Colorants : amarante (E 123), azorubine (E 122), brun HT (E 155), jaune orange (E
    110), pigment rubis (E 180), rouge alura (E 129), rouge de cochenille (E 124), rouge
    2G (E 128), tartrazine (E 102) ; Conservateurs : acide benzoïque (E 210) et ses
    dérivés (E 211-217), acide sorbique et sorbate (E 200-203), anhydride sulfureux et
    sulfites (E 220-228), enzymes (ex : lysozyme : E 1105) ; Exhausteurs de goût : acide
    glutamique et glutamate (E 620-625)
  • Certains médicaments histamino-libérateurs, comme certains antibiotiques (ex :
    colimycine, vancomycine), les opiacés (morphine, codéine, etc), les produits de
    contraste iodés.
 

Il est à noter qu’il est probable que vous tolériez certaines substances de cette liste et
d’autres non, et que certaines soient parfois tolérées et parfois non. Ceci dépend de la
quantité en histamine ou autre amine biogène contenue dans le produit, dont la
composition varie d’un fournisseur à l’autre, de même que la susceptibilité personnelle à
ces amines.

Une autre intolérance, également appelée pseudo-allergie, est l’intolérance au lactose.
Elle est due au déficit, en général partiel, en une enzyme (sorte de ciseaux) servant à
digérer le lactose, un sucre contenu dans le lait. Cette enzyme s’appelle la lactase. Ceci
est fréquent chez l’adulte, et même physiologique : la majorité des adultes ont une activité
seulement partielle de cette enzyme, ce qui veut dire que la majorité des adultes ne tolère
pas les grandes quantité de lait non délactosé. Les symptômes sont typiquement des
douleurs au ventre et des diarrhées suite à l’ingestion de produits laitiers, en plus ou
moins grande quantité.

Enfin, de nombreux effets secondaires médicamenteux sont appelés intolérance (brûlures d’estomac suite à la prise d’anti-inflammatoires, diarrhées sous antibiotiques, etc), indépendamment du mécanisme en cause. 

Comment fait-on le diagnostic ?

En général, l’histoire clinique est assez claire, et seule une exclusion d’une allergie,
par tests cutanés le plus souvent, est nécessaire.

Concernant l’intolérance au lactose, il peut être nécessaire de faire un test d’ingestion de
lait avec ensuite mesure de l’activité de la lactase
(ex : par test respiratoire). Pour
l’intolérance à l’histamine, un test sanguin (mesure de l’activité de la DAO) est en général
suffisant. 

 

 

Quels traitements sont possibles ?

L’éviction de ce qui n’est pas toléré est la base du traitement.  

Toutefois, pour l’intolérance au lactose, la prise de produits laitiers délactosés ou une
supplémentation en lactase lors de prise de produits laitiers est possible. 

Dans l’intolérance à l’histamine, une supplémentation en DAO ou une prise
d’antihistaminique
est utile, pour ne pas limiter fortement l’alimentation.

Concernant l’intolérance aux AINS, se manifestant par une pseudo-allergie, l’éviction d’une partie de ces médicaments (selon les recommandations de votre médecin) est nécessaire.