Les maladies auto-immunes

Partager sur linkedin
Partager sur facebook
Partager sur whatsapp
Partager sur email

Qu’est-ce que c’est ?

Les maladies auto-immunes sont dues à une dysfonction du système immunitaire. Si on compare ce dernier à une armée, on peut dire que l’armée se trompe de cible, et au lieu de défendre son territoire, le corps, elle l’attaque. Ceci peut être dû à des soldats qui font confusion entre un microbe qui ressemble à des éléments du corps et le corps lui-même, ou bien à des soldats anarchistes qui ont été recrutés dans l’armée par erreur, schématiquement. La physiopathologie n’est pas complètement élucidée. Il n’est actuellement pas possible d’empêcher la survenue de ces maladies.

Ces maladies auto-immunes peuvent être classées en 2 grands groupes : les maladies
auto-immunes spécifiques d’organe et celles non spécifiques d’organe.

Les maladies auto-immunes spécifiques d’organe, comme leur nom l’indique, sont une attaque du système immunitaire ciblée sur un organe. Ce sont par exemple :

  • Les thyroïdites auto-immunes, comme la maladie de Basedow, qui active la glande thyroïde, ou la thyroïdite d’Hashimoto, qui détruit la glande thyroïde
  • Les hépatites auto-immunes, qui touchent le foie 
  • Le diabète de type 1, souvent dû à une destruction auto-immune des cellules du pancréas qui produisent l’insuline
  • La maladie de Biermer, qui touche l’estomac
  • La sclérose en plaque, qui touche le système nerveux central, en particulier le cerveau
  • L’anémie hémolytique auto-immune, c’est-à-dire la destruction des globules rouges par des anticorps ciblés contre eux
  • Les maladies bulleuses de la peau, comme la pemphigoïde bulleuse
 

Les maladies auto-immunes non spécifiques d’organe, aussi appelées maladies systémiques, sont une attaque du système immunitaire qui peut toucher plus ou moins n’importe quel organe. Ce sont par exemple :

  • Les connectivites, qui sont une maladie auto-immune atteignant le tissu conjonctif, tissu de soutien présent dans tous les organes. Typiquement, articulations et peau sont touchées, mais tout organe peut être atteint, ceci selon la maladie en question et selon l’individu. Les connectivites sont par exemple le lupus érythémateux systémique, le syndrome de Sjögren, la polyarthrite rhumatoïde, la sclérose systémique (aussi appelée sclérodermie), la dermatomyosite.
  • Les vasculites, qui sont une maladie auto-immune qui touche les vaisseaux sanguins, et par conséquent virtuellement tous les organes qui en contiennent. Classiquement, peau, articulations et reins sont concernés. Les vasculites sont entre autres de la polyangéite microscopique, la granulomatose avec polyangéite (anciennement appelée maladie de Wegener) et les vasculites cryoglobulinémiques.
 

Beaucoup d’autres maladies auto-immunes existent, ceci n’étant qu’un bref aperçu. Il y en a aussi des maladies qui ne rentrent dans aucune de ces catégories.

Il est important de réaliser qu’il existe couramment un chevauchement entre les différentes maladies auto-immunes (manifestation de plusieurs maladies chez la même personne) ou une association entre plusieurs de ces maladies (tableau «classique» de deux ou plusieurs maladies). Ceci dépend du type de maladie. Par exemple, les connectivites sont souvent associées à des maladies auto-immunes spécifiques d’organe.

Chaque personne étant différente, et donc chaque système immunitaire étant différent, les manifestations d’une dysfonction de ce dernier sont différentes. C’est pourquoi les tableaux «classiques» ou «typiques» ne sont que des exemples qui ne sont pas forcément adaptés à votre situation. Pour plus de précisions adaptées à votre situation, le mieux est de discuter avec votre médecin.

Comment fait-on le diagnostic ?

Pour déterminer quelle maladie est présente, un bilan sanguin est nécessaire. Il permet de déterminer quels organes sont atteints, et quels auto-anticorps sont présents. L’identification des organes atteints peut nécessiter de réaliser aussi des examens radiologiques, des biopsies, des endoscopies, ou d’autres examens, de même que des consultations chez d’autres médecins. Ceci est important car sur la base des organes atteints (ce que vous pouvez ne pas ressentir pour certains organes (foie et rein par exemple), les traitements et le suivi sera différent. Il en va de même selon les auto-anticorps présents, qui permettent d’orienter vers une ou l’autre maladie, et selon les situations, aident au suivi de l’activité de la maladie.

Quels traitements sont possibles ?

Selon la maladie auto-immune, différents traitements sont possibles. Ils sont adaptés à la maladie et aux organes touchés. Ce sont principalement les traitements symptomatiques (comme les antalgiques, les fébrifuges, les larmes artificielles, la salive artificielle), les traitements substitutifs lorsque la glande est détruite par le processus auto-immun (comme le remplacement des hormones qui manquent, hormone thyroïdienne ou insuline par exemple), les corticoïdes, les immunosuppresseurs, les médicaments biologiques, etc.

Le but de ces traitements est de vous protéger d’une évolution grave de la maladie et d’améliorer votre qualité de vie.